Le futur de la maintenance d’avions chez Airbus

Bertrand Souquet, chef de projet 3D portal to technical Data explique ici les tenants et aboutissants de cette transition.
Quel est ce projet Airbus 3D to tech data, sur lequel vous travaillez?
C’est un projet qui consiste à visualiser une maquette numérique d’un avion complet, voire même d’une flotte de plusieurs avions pour une compagnie aérienne, et d’associer à cette maquette numérique des informations de différentes domaines qui viennent de l’engineering.
Mais surtout un domaine supplémentaire qu’on a rajouté par dessus, c’est la maintenance: Lorsque je navigue dans la maquette numérique, je clique sur un équipement, j’ai une référence de tâche de dépose, une tâche d’inspection qui va me renvoyer vers airnavX, notre portail Airbus pour la Tech Data.
C’est un projet qu’on lance sur les programmes où la maquette numérique est disponible. Et qu’on a déjà totalement déployé sur notre Beluga XL.
Quel était le processus de génération de documentation avant la 3D ?
Auparavant, on rédigeait la documentation technique avec des illustrations 2D. C’est statique et on est obligé de les simplifier énormément.
De plus, on enlève toute la partie contexte. L’avantage avec la maquette numérique, c’est qu’on a l’équipement dans son contexte « avion », donc on peut savoir comment on y accède et visualiser l’ensemble des pièces qui sont autour, qui sont probablement dans différents systèmes et qu’il faut parfois démonter pour enlever et remplacer un équipement.


Quelles sont les difficultées rencontrées pour lier ces données à la maquette ?
On a mis environ un an à réussir à trouver comment être le plus efficace à faire concorder la donnée tech data sur la donnée DMU. On a des équipes informatiques qui nous accompagnent sur cet aspect de génération pour le Beluga XL. On a créé la version de 3D Portal directement dès la phase de développement du programme.
Donc on a réussi à faire matcher l’ensemble de la tech data avec la maquette numérique. Par contre, sur les autres programmes « avion » où on avait la tech data d’un côté et la maquette numérique de l’autre, l’assemblage des deux est un peu plus complexe puisque la maquette numérique n’a pas été pensé initialement pour des besoins de maintenance.
L’exemple, c’est quand on a une lampe à changer sur un taxi light. On n’a pas l’ampoule sur le modèle 3D puisque c’est un équipement qui vient d’un équipementier. Et la maquette numérique aujourd’hui qui est faite pour de l’installation ne contient pas forcément tous les les modèles qu’on appelle les « Light Maintenance parts », dont l’ampoule. On ne retrouve pas ce niveau de détail.
Donc on a prévu aujourd’hui une solution qui est de renvoyer, soit vers l’illustration 2D -et qui resterait en 2D- ou bien de mettre des modèles 3D fictifs, comme un cube, par exemple. Une géométrie simpliste qui permet d’y accrocher des informations comme les numéros de pièces.

"On travaille sur des avions complets où on veut charger l'ensemble de l'avion avec tous ces systèmes."
Quels sont les avantages de 3D Juump dans un tel projet ?
On travaille sur des avions complets où on veut charger l’ensemble de l’avion avec tous ces systèmes. Et une des forces de 3D Juump, c’est sa rapidité à charger l’ensemble de l’avion, même plusieurs versions de l’avion et de pouvoir jongler avec les différents filtres pour passer d’un MSN à un autre, de manière très rapide.
Je trouve ça vraiment très efficace. Aujourd’hui, chez Airbus, il est très largement déployé et il est utilisé tous les jours par des milliers de personnes. Il se connecte à un système qu’on appelle le Core DMU, qui est une base référentiel où se déversent tous les modèles créés par le design. Donc ces modèles se déversent dans le Core DMU et 3D Juump vient se connecter à ce data like pour générer des maquettes numériques par rapport à un ensemble de messages sur un modèle avion ou sur une flotte de compagnieune. C’est le principe même du projet 3D Portal to Tech Data.
Le futur de la maintenance de flotte aérienne avec 3D Juump.


